
Les
différentes maladies du sommeil : syndrome des jambes sans
repos
Le syndrome
des jambes sans repos comporte deux types de manifestations souvent
associées chez un même patient: le syndrome d'impatiences
des membres inférieurs qui correspond à des sensations
désagréables ressenties au cours de la veille, et les
mouvements périodiques qui se produisent au cours du sommeil.

Le syndrome d'impatiences des membres inférieurs
Il s'agit d'une sensation désagréable, parfois à
la limite du tolérable, mais toujours très difficile à
décrire: sensation de picotement ou de ruissellement ou de brûlure,
toujours accompagnée d'un impérieux besoin de bouger.
Deux caractères sont typiques: la gêne survient de préférence
le soir et la nuit; elle est favorisée par l'immobilité,
et soulagée, au moins en partie, par le mouvement.
Ce syndrome d'impatiences des membres inférieurs a souvent un
caractère familial, en général méconnu.
Il est volontiers attribué, par erreur à des problèmes
circulatoires, et notamment de circulation veineuse.
Les mouvements périodiques
au cours du sommeil

Extrait d'enregistrement polygraphique du sommeil d'une
durée de 2 min montrant une activité électromyographique
des muscles fléchisseurs du pied droit (EMG1) et gauche (EMG2)
répétée toutes les 10 à 20 sec entraînant
un éveil visible à l'EEG (CZ-A2; O2-A1) et une accélération
de la fréquence cardiaque (ECG)
Comme leur nom l'indique, il s'agit de mouvements qui se produisent
au cours du sommeil, de façon involontaire. Ils ne sont en général
pas ressentis par le patient (sauf dans le cas, plus rare, où
ils se manifestent à l'éveil) mais peuvent être
observés et enregistrés au cours d'un enregistrement polygraphique
du sommeil.
Ils répondent à des critères précis, de
durée et de fréquence de répétition. Ils
touchent en général les muscles des jambes, le plus souvent
les muscles des extrémités, entraînant une flexion
du pied et des orteils mais parfois s'étendent à la racine
des membres, entraînant une flexion du genou, ou même de
la hanche; plus rarement, ils s'étendent aux membres supérieurs.

Manifestations
Il arrive parfois que le syndrome d'impatiences des membres inférieurs
soit gênant au point de constituer à lui seul le motif
de consultation. Beaucoup plus souvent, les patients consultent pour
un trouble du sommeil, avec des difficultés d'endormissement
ou des éveils répétés au cours de la nuit,
qui ne sont pas toujours mis en relation avec le syndrome d'impatiences
des membres inférieurs.
Les mouvements périodiques au cours du sommeil sont responsables
d'une désorganisation et d'une fragmentation du sommeil, et entraînent
un sommeil de qualité insuffisante, et donc une somnolence au
cours de la journée. La relation entre mouvements périodiques
au cours du sommeil et somnolence n'est cependant pas démontrée
formellement.

Les mécanismes
On sait qu'environ 80 % des personnes qui ont un syndrome d'impatience
des membres inférieurs ont également des mouvements périodiques
au cours du sommeil ; en revanche on peut observer des mouvements périodiques
au cours du sommeil en l'absence de syndrome d'impatiences des membres
inférieurs, et seuls 30 % des personnes qui ont des mouvements
périodiques au cours du sommeil ont également un syndrome
d'impatiences des membres inférieurs.
Néanmoins, on peut supposer que les deux manifestations ont une
explication commune, traduisant une hyperexcitabilité ou un défaut
de mise au repos du système nerveux.
Dans certains cas, on identifie des maladies spécifiques du système
nerveux, touchant les nerfs périphériques ou la moelle
épinière. Le plus souvent le système nerveux paraît
indemne. C'est dans ces cas que l'on retrouve une histoire familiale,
dans près de 90 % des cas.
Le mécanisme intime de la maladie n'est pas connu, mais il semble
impliquer une activité insuffisante de cellules du système
nerveux (neurones) utilisant la dopamine pour transmettre le signal
nerveux d'un neurone à l'autre.
Récemment une relation entre une carence en fer et la maladie
a été mise en évidence. Le syndrome d'impatience
est également fréquent en cas d'insuffisance rénale
ou de diabète.

Le traitement
Lorsqu'existe
une carence en fer, la reconstitution des réserves ferriques
est souvent très efficace.
Dans le cas contraire le traitement fait appel à des médicaments
qui facilitent la transmission de l'influx nerveux entre les neurones
utilisant la dopamine comme neurotransmetteur. D'autres médicaments
sont également efficaces et notamment des médicaments
utilisés dans le traitement de certaines formes d'épilepsie.
Information conçue par l'unité des Troubles du sommeil
des hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Professeur Jean Krieger.
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