Tout savoir sur le sommeil

Le sommeil de A à Z

Que se passe-t-il au niveau du corps ?
Que se passe t-il au niveau du corps ?

Le sommeil est un état dans lequel nous passons environ le tiers de notre vie. Il fait partie des fonctions vitales de l’organisme comme la respiration, la digestion ou l’immunité.
 
Le sommeil est un comportement spontané et réversible caractérisé par des périodes récurrentes de :
- diminution de l’activité motrice
- augmentation des seuils de réponse sensorielle
- facilitation de la mémorisation
- discontinuité de l’activité mentale
 
Au niveau du cerveau, pendant le sommeil lent, l’activité se ralentit de plus en plus au fur et à mesure que le sommeil s’approfondit et que le dormeur passe du stade N1 au stade N3. Au niveau du corps, il en est de même avec une diminution progressive des principales fonctions de base de l’organisme : le pouls et la respiration se ralentissent, la tension artérielle, le tonus musculaire, la température corporelle baissent.

Comment étudie-t-on le sommeil ?

La structure du sommeil n’est connue que depuis une dizaine d’années. Pour connaître l’état dans lequel se trouve un dormeur il faut réaliser plusieurs examens :
 
La polysomnographie est l’examen médical qui permet de suivre le sommeil et son évolution tout au long de la nuit.

Electrodes
Des électrodes sont collées sur le crâne pour l’enregistrement de l’activité électrique émise par le cerveau

D’après William Dement. Dormir, rêver. Editions du Seuil, 1981.

D’autres électrodes sont fixées sur le visage pour capter les mouvements des yeux et le tonus musculaire.

(EEG) : enregistrement de l’activité électrique du cerveau (électroencéphalogramme)
(EMG) : enregistrement du tonus musculaire (électromyogramme)
(EOG) : enregistrement des mouvements des yeux (électro-oculogramme)

D’après Michel Billiard. le Sommeil et l’éveil, Editions Masson, 2000.

Comment est structuré le sommeil ?

Il existe deux types de sommeil : le sommeil lent et le sommeil paradoxal.
 
Le sommeil lent
- le sommeil lent léger correspond aux stades N1 et N2. A l’endormissement, l’activité du cerveau se ralentit peu à peu et des figures de sommeil caractéristiques témoignent de chaque état : les « pointes vertex » pour le stade N1 et les fuseaux ou les complexes K pour le stade N2 observés sur l’EEG (enregistrement de l’activité électrique du cerveau électroencéphalogramme). A l’endormissement, c’est à dire en stade N1, le dormeur est réveillé par le moindre bruit, il ne se perçoit pas alors comme ayant dormi ou vaguement somnolant.
 
- le sommeil lent profond correspond au stade N3. Il voit le ralentissement de l’activité cérébrale s’amplifier. En effet des vagues de plus en plus amples et de plus en plus longues d’ondes lentes ou ondes delta apparaissent à l’EEG. Plus l’activité cérébrale est ralentie, plus le dormeur descend dans un état d’où il est difficile de le réveiller, parce que son cerveau est de plus en plus insensible aux stimulations extérieures, comme de son propre corps. En sommeil profond, il sera difficile à réveiller et souvent, alors, un peu hébété.
 
Le sommeil paradoxal
C’est un état dans lequel le dormeur est difficile à réveiller, son tonus musculaire est aboli, alors que son cerveau est aussi actif qu’en stade N1. On reconnaît le sommeil paradoxal également à la présence de salves de mouvements des yeux, appelés mouvements oculaires rapides.
Les anglo-saxons appellent d’ailleurs le sommeil paradoxal sommeil à mouvements oculaires rapides (REM ou Rapid Eye Movement sleep). Le sommeil lent est aussi appelé sommeil non-REM par opposition au sommeil paradoxal appelé sommeil REM.

Exemples de tracé EEG au cours des différents états de vigilance ou de sommeil selon la classification Rechtschaffen et Kales

Eveillé-Vigilant : l’activité électrique est rapide (de fréquence élevée) peu voltée (peu ample) et désynchronisée (forme irrégulière).

Somnolent – Relaxé : apparition de l’activité alpha, plus lente (sa fréquence est comprise entre 8 et 12 cycles par seconde ou Hertz (Hz)), d’allure régulière (de forme sinusoïdale). Elle disparaît à l’ouverture des yeux.
 
Stade N1 : l’amplitude de l’activité alpha diminue puis disparaît peu à peu pour être remplacée par une activité plus lente, 3 à 7 cycles par seconde d’amplitude et de régularité variable : l’activité Thêta.
 
Stade N2 : l’activité thêta occupe tout le tracé. Apparaissent deux grapho-éléments caractéristiques :
- le complexe K grande onde biphasique (négative/positive)
- le fuseau de fréquence de 11 à 16 c/s d’allure sinusoïdale.
Au cours du stade N2 qui constitue le type de sommeil le plus abondant complexes K et fuseaux viennent émailler l’activité Thêta.
 
Stade N3 : les ondes lentes sont de plus en plus nombreuses. Elles constituent l’activité delta qui est lente (de 1/2 à 2 cycles par seconde) et ample (de grande taille correspondant à plus de 75 microvolts).
 
Le sommeil paradoxal : l’activité électrique du cerveau est rapide et peu volté. Au début de l’épisode, on peut observer des ondes en dents de scie.

D’après Michel Billiard. le Sommeil et l’éveil, Editions Masson, 2000.

Que se passe-t-il au niveau du corps ?
En sommeil lent, on observe un ralentissement progressif des fonctions neurovégétatives avec l’approfondissement du sommeil et le ralentissement de l’activité cérébrale.

En sommeil paradoxal, le tonus des muscles disparaît complètement ; on observe cependant de très brèves contractions, voire de petits mouvements des extrémités. L’homme présente des érections péniennes et la femme des érections clitoridiennes et un afflux de sang au niveau vaginal. Au niveau des fonctions neurovégétatives, tout se passe comme si la régulation homéostatique, chargée de maintenir la stabilité des grandes fonctions de l’organisme, fonctionnait mal. On observe donc une grande instabilité du pouls, de la pression artérielle et de la respiration.
 
Comment se déroule une nuit de sommeil ?

L’hypnogramme représente le déroulement de la nuit de sommeil
 
Tracé
L’hypnogramme représente le déroulement de la nuit de sommeil

Lorsque le sujet s’endort, il traverse un état de sommeil léger, intermédiaire entre l’éveil et le sommeil pendant quelques minutes : le stade N1, puis son sommeil s’approfondit en stade N2; le sujet est alors réellement endormi.
Si on le réveille au bout de quelques minutes, il aura conscience d’avoir dormi.
Puis après quelques dizaines de minutes de stade N2 le sommeil s’approfondit encore : c’est le sommeil lent profond. Le dormeur est alors profondément endormi.
Puis le sommeil profond s’interrompt, le sommeil léger réapparaît avant de faire place au premier épisode de sommeil paradoxal qui survient après 1h30 de sommeil environ. Ce premier épisode ne dure que quelques minutes.
 
Sommeil lent léger puis sommeil lent profond puis sommeil paradoxal, le dormeur a accompli son premier cycle de sommeil de 90 minutes environ.

La nuit du sommeil sera composée de la succession de 3 à 5 cycles successifs.

Au fur et à mesure que la nuit avance la composition des cycles va évoluer : le sommeil lent profond est très abondant en début de nuit et quand la nuit avance, il se fait plus rare et disparaît complètement au petit matin.
A l’inverse, le sommeil paradoxal qui est bref en début de nuit va occuper une place croissante dans chaque cycle de sommeil au fil de la nuit.

Quel que soit le stade de sommeil, le dormeur se réveillera plusieurs fois pour une brève durée, sans qu’il s’en souvienne au réveil. Ses éveils sont normaux.

Pourquoi a-t-on besoin de dormir ?

Pourquoi a-t-on besoin de dormir ?D’après ce que l’on observe après une privation de sommeil, il est clair qu’il est indispensable au maintien des fonctions d’apprentissage, de mémorisation et d’adaptation à des circonstances nouvelles. Il joue également un rôle-clé pour l’état de bien-être dans la journée. Cependant, la recherche sur le sommeil est une science jeune et l’on ne connaît pas encore avec précision la ou les fonctions du sommeil.
 
Rester couché est-il suffisant ou faut-il vraiment dormir pour récupérer ?
Le simple repos allongé, l’immobilité peuvent nous permettre de récupérer d’une fatigue physique. Le sommeil n’est sans doute pas nécessaire à toutes les formes de récupération mais il l’est certainement pour la récupération intellectuelle.
 
Doit-on dormir pour que le cerveau récupère ?
Des travaux récents suggèrent que le sommeil permet de maintenir les connexions entre les neurones (synapses), consolidant ainsi la mémoire innée (comme celle du chant de l’oiseau) et la mémoire acquise (comme celle des leçons). Pour bien se souvenir de ce que nous avons appris pendant la journée, il faut dormir. Le sommeil favorise donc le stockage et l’organisation de nouvelles connaissances. Ces processus nécessiteraient que le cerveau soit coupé des stimulations extérieures.
 
Le sommeil est-il important pour l’apprentissage chez les enfants ?
Au cours de l’enfance, l’augmentation de la densité de ces connexions dans certaines régions du cerveau (cortex frontal) est proportionnelle à la quantité de sommeil profond, ce qui suggère que celui-ci jouerait chez l’enfant un rôle décisif dans la maturation du cerveau. Le sommeil paradoxal fournirait un stimulus interne favorisant le développement du cerveau.
 
Le sommeil est-il important pour la croissance ?
On estime que le sommeil est impliqué dans la croissance chez l’enfant, comme dans la réparation des muscles, de la peau et des os chez l’adulte, parce que l’hormone qui commande ces processus, l’hormone de croissance, est sécrétée essentiellement au cours du sommeil profond. On a d’ailleurs observé des nanismes dits psychogènes chez des enfants dont le sommeil était réduit ou altéré.
Le sommeil est également un temps privilégié de la constitution de l’immunité.
 
Une autre fonction du sommeil pourrait être la mise au repos de l’organisme, ou du moins la réduction de ses dépenses énergétiques et la reconstitution des stocks d’énergie métabolique (glycogène contenu dans le foie). D’autres systèmes bénéficient de ce « repos » : par exemple le système cardiovasculaire.

Le sommeil permet-il d’économiser de l’énergie ?
Le sommeil permet d’épargner seulement 15% de la consommation d’énergie d’une journée par rapport à un sujet assis mais non endormi. Si l’on prend en compte les mouvements du corps et les éveils survenant au cours du sommeil, l’économie n’est plus que de 5 à 11%. Une personne de 100 Kg dépense environ 80 KCal par heure en dormant, la même personne assise dépenserait environ 95 Kcal, l’économie sur 8 heures serait donc de 120 Kcal, soit l’équivalent d’un bol de lait écrémé ou d’un petit pain, un rendement bien inefficace pour qu’une telle fonction du sommeil soit essentielle.

 
Dormons-nous seulement parce que nous sommes fatigués ?
Le sommeil est commandé par deux processus :
- la dette de sommeil : le sommeil survient d’autant plus facilement que nous sommes restés éveillés longtemps.
- l’horloge interne : le sommeil est programmé par notre horloge interne à un moment donné des 24 heures, correspondant en général à la nuit.

On peut vérifier soi-même l’importance de ce phénomène quand on effectue un voyage trans-méridien (traversée de plusieurs fuseaux horaires en avion): si les horaires de destination sont décalés par rapport aux horaires habituels, on éprouve des difficultés à s’endormir ou à rester endormi, alors même que la fatigue et le manque de sommeil sont présents. Il faudra plusieurs jours pour recaler notre horloge biologique sur les nouveaux horaires de jour et de nuit.

A quoi servent les rêves ?
A quoi servent les rêves ?

Lorsqu’on réveille quelqu’un, on a plus de chance d’obtenir un récit de rêve si le dormeur est en sommeil paradoxal et le contenu du rêve est plus riche en émotions et en personnages. C’est pourquoi on a pris, un peu rapidement, l’habitude d’associer sommeil paradoxal et rêves. Toutefois, on rêve aussi mais moins pendant le sommeil lent : 40 % des réveils en sommeil lent léger donneront lieu à un rappel de rêve.
 
La fonction que l’on attribue aux rêves préoccupe les hommes depuis bien longtemps. Avertissement des dieux dans l’Antiquité ou messages prémonitoires dans de nombreuses civilisations, les rêves exprimeraient pour les psychanalystes l’équivalent de l’accomplissement d’un désir refoulé, traduit de façon symbolique. Les cliniciens du sommeil accordent peu de valeur aux contenus des rêves qu’ils considèrent comme des résidus sans cohérence ou des contenus de la mémoire mis à jour au hasard par les processus qui s’effectuent au cours de cet état.
Le rêve se caractérise par des images très détaillées associées à un ou plusieurs scénarios, comportant des scènes, des personnages, des dialogues, des émotions. Le contenu est plus ou moins ordonné et logique et parfois profondément bizarre. Ceci a été rapporté à un fonctionnement non coordonné des deux hémisphères du cerveau.
 
Toute activité mentale au cours du sommeil est-elle un rêve ?
Il existe d’autres états au cours desquels le cerveau exprime une activité perçue par le dormeur. Au réveil comme à l’endormissement apparaît parfois une imagerie très détaillée mais sans scénario, à la différence du rêve. On les appelle hallucinoses hypnagogiques à l’endormissement ou hypnopompiques au réveil. Certains dormeurs peuvent aussi avoir des rêves lucides, au cours desquels ils ont conscience de rêver et parfois même peuvent diriger le déroulement du rêve.
 
Qu’est-ce qu’un cauchemar ?
Le cauchemar est un rêve dont le contenu est désagréable voire terrifiant, il provoque une anxiété intense et survient en sommeil paradoxal vers la fin de la nuit. Il se différencie des terreurs nocturnes qui sont des accès brefs de panique survenant en sommeil profond, au début de la nuit et qui sont courants chez l’enfant entre 3 et 6 ans. Les terreurs nocturnes existent aussi chez l’adulte, débutant entre 20 et 30 ans, souvent associées alors à un somnambulisme. C’est beaucoup moins fréquent.
 
Les mouvements des yeux observés pendant le sommeil paradoxal signifient-ils que le dormeur regarde son rêve, comme un spectacle ?
On a pu le penser mais, en fait, les mouvements des yeux et les images du rêve ne sont pas liés puisque ils se produisent chez les aveugles-nés qui ne rêvent pas en image. En revanche, ils seraient liés au contenu émotionnel du rêve et à sa richesse en mouvements.

Quelle est la bonne durée d’une nuit de sommeil ?
Quelle est la bonne durée d'une nuit de sommeil ?

C’est une notion aussi individuelle que la quantité de nourriture dont chacun a besoin. La durée moyenne de sommeil d’un adulte est de 8h00, mais certains petits dormeurs se contentent de 6h de sommeil alors que les « gros dormeurs » ont besoin de 9 à 10 heures de sommeil pour se sentir reposés. Ces différences sont liées à des aspects génétiques comme le montrent des études récentes. Il est donc impossible d’édicter une norme, chacun doit déterminer ses besoins de sommeil en fonction de ses propres réactions à l’allongement ou à la réduction de son temps de sommeil.
 
Comment peut-on déterminer son besoin de sommeil individuel ?
La durée idéale d’une nuit est celle qui permet de se sentir reposé et d’avoir un bon fonctionnement dans la journée. La période des vacances permet d’apprécier facilement ses besoins.
 
Sommes-nous tous en manque de sommeil ?
Selon la dernière enquête INSV/BVA 2009 – Sommeil et rythme de vie, la première donnée cruciale qui ressort est la faible durée de sommeil. Cela confirme les enquêtes des années précédentes sur ce thème. La durée moyenne de sommeil en semaine est de 6h58. Ce chiffre est comparable à celui de l’année précédente (enquête INPES/BVA, 2008) qui indiquait une durée moyenne de sommeil de 7h00 pour une population d’adultes de 25-45 ans. 29% des Français dorment moins de 7 heures par jour. L’insuffisance de sommeil est donc bien installée chez les Français. A l’issue de cette enquête, on observe une hausse du temps de sommeil le week-end, qui passe à 7h50 en moyenne. Elle est destinée à « compenser » la dette de sommeil chronique de la semaine. Or, le manque de sommeil ne s’annule pas en 2 jours. Au fil des années, la population française est en dette de sommeil chronique, sans amélioration. Cette carence de sommeil affecte plus particulièrement les personnes de 35 à 55 ans qui dorment moins longtemps (6h à 7h en majorité) alors que les personnes de 25 à 35 ans dorment 7 à 8 heures par 24h.
 
Que se passe-t-il si on réduit son temps de sommeil par rapport à ses besoins ?
Si cette restriction est ponctuelle et modérée, les conséquences sont limitées. En revanche réduire le temps de sommeil à 6h chez des sujets dont le besoin était de 6h30 à 8h30 de sommeil sur une durée de deux semaines provoque des altérations des performances dans la journée aussi importantes au bout de 5 jours qu’après une nuit blanche ainsi que des accès de sommeil incontrôlables chez certains sujets en fin d’expérience. Ceci montre qu’une réduction même modérée du temps de sommeil peut avoir des conséquences sévères dès qu’elle se prolonge.

Comment le sommeil évolue avec l’âge ?
Comment le sommeil évolue avec l'âge ?

Le sommeil évolue sans cesse depuis la naissance jusqu’au grand âge.
 
La quantité de sommeil
Le nouveau-né dort environ 16 à 18 heures par jour. La durée du sommeil va diminuer rapidement dans les premières années de la vie, puis plus lentement. A la puberté, le besoin de sommeil est en moyenne de 9 à 10 heures.
L’adolescent a des horaires de sommeil très variables selon son mode de vie. Le travail scolaire, les sorties le conduisent à retarder son heure de coucher. L’adulte dort 7 h 30 à 8 h en moyenne. Avec le troisième âge, la durée totale de sommeil ne se raccourcit pas ou peu mais le sommeil devient plus léger et plus fragmenté. De plus, la quantité de sommeil de la journée augmente, avec des siestes plus ou moins prolongées au détriment du sommeil nocturne.
 
Les horaires de sommeil
L’adolescent se couche volontiers tard pour des raisons sociales : envie de se démarquer de la vie familiale, de montrer son indépendance, de sortir avec ses amis… mais aussi pour des raisons physiologiques. C’est le moment de la vie où le sujet récupère facilement d’un coucher tardif en retardant son lever et en faisant la grasse matinée. Les sujets âgés à l’inverse se couchent souvent tôt et ont plus de difficulté à dormir le matin. Ils peuvent avoir tendance pour des raisons de confort, de douleur à passer un temps au lit plus long que la durée habituelle de leur sommeil.
 
La profondeur du sommeil
Elle diminue de façon constante avec l’âge : si l’enfant fait 30 % de sommeil profond à 10 ans, à l’âge adulte, la moyenne est de 20 %. A 80 ans, il est exceptionnel de faire encore du sommeil lent profond. Chez le sujet âgé, le sommeil lent profond est devenu rare, il s’allège, le sommeil est devenu instable, les éveils au cours du sommeil sont plus fréquents et plus longs. Le réveil survient plus tôt.
 
Le sommeil paradoxal
Il diminue beaucoup au cours de la première année de vie, puis reste stable en quantité. Avec l’âge, sa répartition au cours de la nuit se modifie, il apparaît plus précocement et devient plus abondant dans la première partie de la nuit.
 
Les figures du sommeil
Elles vont se modifier avec l’âge : toutes vont diminuer d’amplitude et d’abondance. Les conséquences concrètes de ces changements sont mal connues.

L’évolution du sommeil de la naissance à 20 ans
 
Tracé
D’après le guide du sommeil, MF Vecchierini. John Libbey Eurotext . Editions 1997

Le sommeil au fil du temps

Les hypnogrammes, caractéristiques d’un enfant, d’un adulte jeune et d’un sujet âgé.
 
Tracé
 

Chez l’enfant, le sommeil lent profond est très abondant. Le premier cycle est long. Le sommeil est stable et les éveils sont rares.

 
Tracé
 

Chez l’adulte jeune, le sommeil lent profond est moins abondant, il disparat dans la 2ème partie de la nuit, le 1er cycle qui contient moins de sommeil lent est plus court.

 
Tracé
 

Chez le sujet âgé, le sommeil lent profond est devenu rare, il est moins profond, le sommeil est devenu instable, les éveils au cours du sommeil sont plus fréquents et plus longs. Le réveil survient plus tôt.

Le sommeil des animaux

L’étude du sommeil des animaux, de l’éléphant au cafard peut nous aider à comprendre à quoi sert le sommeil et comment il est régulé.
 
Les mammifères
AnimauxTous les mammifères font du sommeil lent et du sommeil paradoxal.
Mais ils dorment de façon très différente d’une espèce à l’autre. Certains animaux ne sont pas immobiles pendant qu’ils dorment, par exemple le dauphin nage pendant son sommeil, D’autres comme le cheval et l’éléphant peuvent dormir debout et la vache peut elle dormir les yeux ouverts.
 
La durée du sommeil est également très variable. Si la chauve-souris dort 19 heures par jour, le cheval ne consacre que 3 heures au sommeil. Les animaux longs dormeurs sont, contrairement à ce que l’on pourrait penser, de petits animaux avec une espérance de vie courte, peut-être parce que leurs réserves d’énergie, notamment de graisses, sont faibles, le sommeil leur permettant alors de ne pas dépenser trop d’énergie. Certains animaux dorment en un seul épisode, d’autres en plusieurs ; de nombreux animaux dorment autant voire plus dans la journée que la nuit (le chat, le rat et d’une façon générale les prédateurs nocturnes).
 
L’hibernation, un long sommeil ?
L’hibernation est différente du sommeil, c’est un état lié à des variations de température ou de la disponibilité en nourriture ou en eau. La température de l’animal baisse jusqu’à environ 5 degrés, avec de brèves interruptions pendant lesquelles la température remonte, l’animal en profitant alors pour dormir. De même lorsque l’animal sort de son état d’hibernation…il dort d’un sommeil très profond qui diminue progressivement pour revenir à la normale. Il semble donc qu’une température corporelle trop basse ne soit pas compatible avec un état de sommeil.
 
Les oiseaux et les reptiles
Les oiseaux rêvent et dorment mais d’une façon moins tranchée que les mammifères. Ils dorment les yeux fermés alors que les clignements des yeux signalent l’état de veille. Leur sommeil paradoxal est particulièrement court, une minute par épisode au plus. Les reptiles en revanche ont un sommeil très différent de celui des mammifères. Leur sommeil est difficile à enregistrer car la partie du cerveau qui produit l’activité que l’on enregistre (le cortex) est très mince. Ils ne font pas de sommeil paradoxal mais du sommeil lent avec des ondes lentes surimposées aussi bien sur l’EEG de veille que de sommeil.

Les pathologies du sommeil

L’insomnie

InsomnieOn estime qu’1 Français sur 5 souffre d’insomnie. Cette insomnie est sévère dans 9 % des cas. Elle se traduit par un sommeil de mauvaise qualité avec des difficultés d’endormissement, des réveils multiples dans la nuit, ou un réveil trop précoce le matin. Elle entraîne toujours un retentissement sur la qualité de la journée : fatigue, irritabilité, troubles de l’humeur, de la mémoire ou de la concentration.
Occasionnelle ou transitoire, elle est liée à un événement particulier ou à un environnement perturbant. Chronique, évoluant sur des mois voire des années, ses causes sont alors le plus souvent psychologiques.
 
L’insomnie symptôme ou maladie ?
L’anxiété, le stress et la dépression sont à l’origine de plus de la moitié des insomnies.
Chez l’anxieux, il s’agit le plus souvent de difficultés d’endormissement car la personne a du mal à se relaxer avec beaucoup de pensées et de préoccupations qui surviennent au moment du coucher. En cas de stress, les difficultés prédominantes touchent la seconde moitié de nuit avec l’impression de somnoler à partir de 4 ou 5 heures du matin. La dépression se traduit principalement par des éveils précoces en milieu et fin de nuit. L’insomnie est dans ce cas souvent le premier signe de la maladie dépressive.
 
L’insomnie peut-être secondaire à une maladie connue comme une hyperthyroïdie, un reflux gastro-œsophagien, un asthme nocturne, des rhumatismes…
Certaines maladies exclusivement liées au sommeil provoquent une insomnie :
- le syndrome des jambes sans repos avec au coucher des sensations très désagréables dans les jambes qui obligent à se lever et à bouger. Dans ces conditions l’endormissement est très laborieux.
- les apnées du sommeil, pauses de la respiration de plus de dix secondes avec luttes respiratoires au cours de la nuit qui morcellent le sommeil.
 
D’autres insomnies sont secondaires à des erreurs d’hygiène de vie ou des causes environnementales. Par exemple, le café est un excitant qui provoque ou entretient un mauvais sommeil. De même, un rythme de vie irrégulier ou un environnement bruyant, déstructurent le sommeil.
 
L’insomnie psychophysiologique apparaît généralement après une période d’insomnie dont la cause est connue : période de stress, dépression, maladie grave… Alors que la cause a disparu, l’insomnie persiste par un mécanisme de conditionnement qui s’auto-entretient principalement par la peur de ne pas dormir. Elle évolue ensuite pour son propre compte.
 
L’insomnie est un signal de votre corps qu’il faut expliquer et soigner. Parlez-en à votre médecin.
 
Quelques conseils pour mieux dormir

  • - Évitez tous les excitants, café, thé, vitamine C, coca-cola…
  • - Évitez de pratiquer un sport ainsi que toutes activités très stimulantes après 18-19 heures.
  • - Favorisez les activités relaxantes le soir : lecture, musique, télé.
  • - Ne faites pas de repas trop copieux le soir et évitez l’alcool au dîner.
  • - Respectez votre rythme de sommeil.
  • - Réservez la chambre au sommeil et à l’activité sexuelle en évitant de regarder la télé au lit, de travailler ou de manger au lit.
  • - Un bain tiède au moins 2 heures avant le coucher aide à la détente et augmente la profondeur du sommeil.
  • - Ne vous couchez que lorsque vous ressentez des signaux de sommeil (bâillements, nuque lourde, yeux qui piquent…)
  • - Suivez les signaux d’éveil que vous adresse votre corps : si vous n’arrivez pas à dormir ou si vous êtes réveillé depuis plus de 20 minutes, levez-vous et faites autre chose.
  • - Si vous êtes réveillé le matin, ne cherchez pas à prolonger votre sommeil à tout prix, mais au contraire, levez-vous et commencez votre journée.
  • - N’utilisez pas de médicament tout seul, parlez-en à votre médecin.
Informations validées par le conseil scientifique de l’INSV avec l’aide du Dr Sylvie Royant-Parola et du Pr Pierre Escourrau

Syndrome d’apnées du sommeil

Le syndrome d’apnées du sommeil est une maladie fréquente (touchant environ 8% de la population).
 
Les mécanismes
Elle est due à des arrêts répétés de la respiration au cours du sommeil. Ces « apnées » sont liées à une obstruction de la gorge dans une région appelée pharynx.
En effet, les parois du pharynx sont constituées de tissus mous. Au cours de la veille, le pharynx reste ouvert du fait de la tension des muscles qui écartent ses parois. Au cours du sommeil, ces muscles se relâchent ; le pharynx se comporte alors comme un tuyau mou au travers duquel on cherche à aspirer de l’air. Cette aspiration entraîne un affaissement des parois du pharynx : l’air passe difficilement, entraînant des turbulences qui font vibrer les structures de la gorge, créant ainsi un bruit : c’est le ronflement. Lorsque les parois du pharynx s’affaissent totalement, l’air ne peut plus passer du tout : c’est une apnée. Le système respiratoire essaie de vaincre l’obstacle en aspirant plus fort, ce qui ne fait qu’aggraver les choses. La respiration ne peut recommencer qu’à la faveur d’un éveil, qui permet aux muscles du pharynx de se contracter, et à la gorge de se rouvrir.

Schéma apnée du sommeil
Schéma illustrant le passage facile de l’air dans la gorge normalement ouverte (à gauche), le passage difficile avec des vibrations dans un pharynx rétréci (au centre) et le passage impossible dans un pharynx obstrué (à droite).

Le syndrome d’apnées du sommeil comporte plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’apnées au cours d’une même nuit et souvent autant de micro-éveils. Cependant ces éveils sont habituellement brefs, non mémorisés. Le patient ne se plaint pas de son sommeil.
La quantité d’apnée est exprimée par heure sous forme d’un index d’apnées hypopnées (IAH) par heures de sommeil.
 
Les symptômes
La maladie se manifeste le plus souvent par un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • - un ronflement qui est souvent particulièrement bruyant, qui se répète toutes les nuits et occupe toute la nuit ou presque toute la nuit.
  • - une impression de ne pas être bien reposé, le matin dès le réveil, et une tendance à s’endormir dès que l’environnement n’est plus stimulant. En particulier des endormissements se produisent de façon presque systématique à la télévision, à la lecture,…
  • - un excédent de poids ; la relation entre excédent de poids, ronflement et arrêts respiratoires au cours du sommeil est très forte.
  • - une hypertension artérielle.
  • - des troubles de la mémoire et de l’attention.
  • - des troubles du caractère à type d’irritabilité.
  • - une baisse de la libido, c’est-à-dire un désintérêt sexuel.
  • - une augmentation de la production d’urine au cours du sommeil, avec le besoin d’aller aux toilettes une ou plusieurs fois par nuit.

L’ensemble de ces symptômes constitue un handicap important, pour l’activité professionnelle, mais aussi pour la vie sociale, en particulier conjugale et familiale. La somnolence expose à des risques d’accident, notamment de la circulation routière.
Pour cette raison, l’aptitude à la conduite automobile (obtention ou maintien du permis de conduire), comme pour toutes causes de somnolence excessive, est liée à la régression de la somnolence par la mise en oeuvre d’un traitement efficace (arrêté de décembre 2005).
A long terme, la maladie a des répercussions en particulier sur le système cardio-vasculaire, dues à la fois aux éveils répétés et au manque d’oxygène pendant le sommeil, entraînant une hypertension artérielle. Le risque d’infarctus et d’attaque cérébrale est plus élevé chez les personnes qui ont un syndrome d’apnées du sommeil. C’est sans doute ces complications qui expliquent que, non traitée, la maladie diminue l’espérance de vie.
 
Le traitement
Le traitement comporte différentes approches, variables d’un cas à l’autre.

  • - dans tous les cas, il faut supprimer (sous contrôle médical) les causes d’aggravation du ronflement et des apnées, c’est-à-dire l’alcool le soir et certains médicaments comme les tranquillisants et les somnifères.
  • - dans les syndromes d’apnées du sommeil sévères ou relativement sévères, le traitement le plus efficace, et dénué de risques, est l’application d’une pression positive au moyen d’un masque nasal au cours du sommeil. Cet appareil souffle un peu d’air au niveau du nez, ce qui maintien les voies aériennes ouvertes en permanence et fait donc disparaître l’obstruation. Ce traitement est contraignant.
  • - la perte de poids est indispensable, pour de nombreuses raisons, qui ne sont pas seulement liées aux apnées du sommeil. Souvent, elle permet d’améliorer le syndrome d’apnées du sommeil, parfois au point de pouvoir arrêter le traitement par la pression positive continue.
  • - le traitement chirurgical portant sur les tissus mous de la gorge, en particulier la luette, le voile du palais et les amygdales, est parfois efficace sur les apnées au cours du sommeil lorsque celles-ci sont peu nombreuses. Il permet plus fréquemment d’éliminer le ronflement; cette chirurgie est donc indiquée surtout dans les cas où le ronflement ne s’accompagne pas ou peu d’apnées.
  • - un appareil dentaire, amovible, qui ne se porte qu’au cours du sommeil permet lui aussi souvent d’éliminer le ronflement, ainsi que les apnées, lorsque celles-ci sont peu nombreuses.
  • - enfin, comme le ronflement et les apnées surviennent plus volontiers sur le dos, des traitements visant à éviter de dormir sur le dos peuvent être utiles. Ils ne sont efficaces que lorsque les apnées surviennent exclusivement sur le dos.

 

Ce que les proches des malades doivent savoir sur le syndrome d’apnées du sommeil
Les symptômes de la maladie s’installent de façon très progressive, et les épisodes d’endormissement involontaire ne sont pas toujours perçus, ou parfois interprétés comme un simple signe de fatigue.
Malgré le caractère souvent très impressionnant des bruits émis au cours du sommeil, les patients eux-mêmes ne se rendent pas compte de ce qui se passe au cours de leur sommeil.
Il est fréquent qu’ils banalisent ce qui leur arrive, et qu’ils soient très sceptiques vis-à-vis de ce qu’on leur raconte. Il faut souvent beaucoup de patience et d’insistance, pour les amener à consulter un médecin à ce propos.
Les apnées, même si elles sont parfois prolongées se terminent spontanément; il n’est donc pas nécessaire de réveiller le patient de façon répétée.
Il est utile également de se souvenir que la distraction et les oublis fréquents, l’irritabilité, le désintérêt sexuel ne sont pas des témoignages de mauvaise volonté ou d’agressivité, mais qu’ils sont directement liés à la maladie.

Tracé apnée du sommeil
 
Tracé apnée du sommeil
 

Extraits d’enregistrements de la respiration au cours du sommeil.
Ils montrent, dans le cas du syndrome d’apnées du sommeil, l’interruption répétée () de la respiration (V), et la chute de l’oxygène dans le sang (SaO2) qui en résulte. Les efforts pour respirer (Po) persistent durant les apnées.

Information validée par le conseil scientifique de l’INSV avec l’aide du Pr Jean Krieger.

Syndrome des jambes sans repos

Le syndrome des jambes sans repos comporte deux types de manifestations souvent associées chez un même patient: le syndrome d’impatiences des membres inférieurs qui correspond à des sensations désagréables ressenties au cours de la veille, et les mouvements périodiques qui se produisent au cours du sommeil.
 
Le syndrome d’impatiences des membres inférieurs
Il s’agit d’une sensation désagréable, parfois à la limite du tolérable, mais toujours très difficile à décrire: sensation de picotement ou de ruissellement ou de brûlure, toujours accompagnée d’un impérieux besoin de bouger. Deux caractères sont typiques: la gêne survient de préférence le soir et la nuit; elle est favorisée par l’immobilité, et soulagée, au moins en partie, par le mouvement.
Ce syndrome d’impatiences des membres inférieurs a souvent un caractère familial, en général méconnu. Il est volontiers attribué, par erreur à des problèmes circulatoires, et notamment de circulation veineuse.
 
Les mouvements périodiques au cours du sommeil

Tracé jambes sans repos
Extrait d’enregistrement polygraphique du sommeil d’une durée de 2 min montrant une activité électromyographique des muscles fléchisseurs du pied droit (EMG1) et gauche (EMG2) répétée toutes les 10 à 20 sec entraînant un éveil visible à l’EEG (CZ-A2; O2-A1) et une accélération de la fréquence cardiaque (ECG)

Comme leur nom l’indique, il s’agit de mouvements qui se produisent au cours du sommeil, de façon involontaire. Ils ne sont en général pas ressentis par le patient (sauf dans le cas, plus rare, où ils se manifestent à l’éveil) mais peuvent être observés et enregistrés au cours d’un enregistrement polygraphique du sommeil.
Ils répondent à des critères précis, de durée et de fréquence de répétition. Ils touchent en général les muscles des jambes, le plus souvent les muscles des extrémités, entraînant une flexion du pied et des orteils mais parfois s’étendent à la racine des membres, entraînant une flexion du genou, ou même de la hanche ; plus rarement, ils s’étendent aux membres supérieurs.
 
Manifestations
Il arrive parfois que le syndrome d’impatiences des membres inférieurs soit gênant au point de constituer à lui seul le motif de consultation. Beaucoup plus souvent, les patients consultent pour un trouble du sommeil, avec des difficultés d’endormissement ou des éveils répétés au cours de la nuit, qui ne sont pas toujours mis en relation avec le syndrome d’impatiences des membres inférieurs.
Les mouvements périodiques au cours du sommeil sont responsables d’une désorganisation et d’une fragmentation du sommeil, et entraînent un sommeil de qualité insuffisante, et donc une somnolence au cours de la journée. La relation entre mouvements périodiques au cours du sommeil et somnolence n’est cependant pas démontrée formellement.
 
Les mécanismes
On sait qu’environ 80% des personnes qui ont un syndrome d’impatience des membres inférieurs ont également des mouvements périodiques au cours du sommeil ; en revanche on peut observer des mouvements périodiques au cours du sommeil en l’absence de syndrome d’impatiences des membres inférieurs, et seuls 30% des personnes qui ont des mouvements périodiques au cours du sommeil ont également un syndrome d’impatiences des membres inférieurs.
Néanmoins, on peut supposer que les deux manifestations ont une explication commune, traduisant une hyperexcitabilité ou un défaut de mise au repos du système nerveux.
Dans certains cas, on identifie des maladies spécifiques du système nerveux, touchant les nerfs périphériques ou la moelle épinière. Le plus souvent le système nerveux paraît indemne. C’est dans ces cas que l’on retrouve une histoire familiale, dans près de 90% des cas.
Le mécanisme intime de la maladie n’est pas connu, mais il semble impliquer une activité insuffisante de cellules du système nerveux (neurones) utilisant la dopamine pour transmettre le signal nerveux d’un neurone à l’autre.
Récemment une relation entre une carence en fer et la maladie a été mise en évidence. Le syndrome d’impatience est également fréquent en cas d’insuffisance rénale ou de diabète.
 
Le traitement
Lorsqu’existe une carence en fer, la reconstitution des réserves ferriques est souvent très efficace.
Dans le cas contraire le traitement fait appel à des médicaments qui facilitent la transmission de l’influx nerveux entre les neurones utilisant la dopamine comme neurotransmetteur. D’autres médicaments sont également efficaces et notamment des médicaments utilisés dans le traitement de certaines formes d’épilepsie.

Information conçue par l’unité des Troubles du sommeil des hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Professeur Jean Krieger.

Narcolepsie

La narcolepsie est une maladie rare (environ 0,05 % de la population), qui débute le plus souvent chez les sujets jeunes (autour de l’adolescence). Elle se traduit par une somnolence diurne, habituellement associée à d’autres manifestations.
 
Les symptômes
La somnolence diurne est un besoin excessif de dormir en cours de journée. Elle est particulièrement intense à certains moments, entraînant un endormissement quasiment incontrôlable en pleine activité. Elle peut avoir un retentissement social important, tant sur le plan familial que professionnel ou scolaire. Elle peut être source d’accidents du travail ou de la circulation. Pour cette raison, la législation soumet l’obtention ou le maintien du permis de conduire à la mise en œuvre d’un traitement efficace (arrêté de décembre 2005).
Les siestes améliorent transitoirement la somnolence. Les patients et leur entourage ne réalisent pas toujours que la somnolence peut être le signe révélateur d’une maladie nécessitant un traitement spécifique; ceci explique le délai souvent long avant la première consultation.
 
Les attaques de cataplexie sont des relâchements musculaires brusques survenant en plein éveil. Elles peuvent être localisées (mâchoires, membres supérieurs) ou généralisées, entraînant alors une chute. Elles sont souvent déclenchées par une émotion ou un fou rire.
 
Les paralysies du sommeil sont des épisodes survenant au moment du réveil ou de l’endormissement au cours desquels les sujets sont incapables de bouger alors qu’ils sont mentalement réveillés. Ces manifestations ne sont pas dangereuses.
 
Les hallucinations hypnagogiques ou hypnopompiques surviennent également au moment de l’endormissement ou du réveil. Ce sont des perceptions visuelles, auditives, voire tactiles ne correspondant pas à la réalité.
Les perturbations du sommeil nocturne (éveil en cours de nuit, cauchemars …) sont fréquentes chez les sujets narcoleptiques.
 
Le diagnostic
L’interrogatoire bien orienté, éventuellement complété par un agenda de sommeil rempli par le patient pendant quelques semaines, permet en général de suspecter fortement le diagnostic.
 
Les enregistrements de sommeil de nuit et surtout de jour permettent de confirmer le diagnostic. Le « test itératif de latence d’endormissement » (TILE), qui consiste à pratiquer un enregistrement de sommeil de 20 minutes toutes les 2 heures à 4 ou 5 reprises dans une même journée, met en évidence la tendance à s’endormir très rapidement et la survenue précoce d’un type particulier de sommeil, le « sommeil paradoxal ».

Tracé narcolepsie
Hypnogramme (organisation du sommeil de 24h) chez un sujet sain comparé à un narcoleptique.
Chez le narcoleptique, on note :
- La survenue de plusieurs épisodes de sommeil en cours de journée,
- Une perturbation du sommeil par des éveils en cours de nuit
- Une tendance à la survenue très rapide du sommeil paradoxal, de jour comme de nuit.

 
Les mécanismes
Le sommeil normal est constitué de deux états différents qui alternent au cours de la nuit : le « sommeil lent » pendant lequel le cerveau semble réellement « au repos » et le « sommeil paradoxal » pendant lequel il existe une activité cérébrale intense, correspondant vraisemblablement aux rêves. Le sommeil paradoxal s’accompagne par ailleurs d’un relâchement musculaire total et de mouvements rapides des yeux.
 
Les différents symptômes de la maladie peuvent s’expliquer par un fonctionnement anormal des mécanismes cérébraux de régulation des états de veille et de sommeil. La somnolence diurne est en effet une survenue anormale du sommeil au cours de la veille alors que les éveils nocturnes sont une survenue anormale de la veille au cours du sommeil. Les autres symptômes correspondent à la survenue au cours de la veille de manifestations normalement propres au sommeil paradoxal. Les attaques de cataplexie et les paralysies du sommeil correspondent au relâchement musculaire du sommeil paradoxal qui survient en pleine veille. Les hallucinations hypnagogiques ressemblent à des rêves qui surviennent alors que le sujet ne dort pas. La survenue du sommeil paradoxal très peu de temps après l’endormissement est également anormale.
 
La compréhension de la maladie a fait des progrès très rapides au cours des dernières années; une maladie du chien qui ressemble étrangement à la narcolepsie humaine se transmet par un gène impliqué dans la synthèse de l’orexine (ou hypocrétine) (un neurotransmetteur récemment découvert, synthétisé par un petit nombre de cellules localisées dans une région très précise du cerveau). Chez l’homme, les cellules responsables de la synthèse de l’orexine sont également lésées, sans doute par un mécanisme plus complexe, en partie génétique, en partie auto-immunitaire.
Le risque d’avoir une narcolepsie est plus important chez les enfants de narcoleptiques que dans la population générale, mais il reste faible. La narcolepsie n’augmente pas le risque de développer d’autres maladies et ne diminue pas l’espérance de vie.
 
Le traitement et l’évolution
Le premier traitement consiste à bien gérer son sommeil en adoptant des horaires de sommeil réguliers et suffisants. Une ou plusieurs siestes dans la journée permettent en général de retrouver une vigilance satisfaisante pour une durée plus ou moins longue.
Des médicaments corrigent les symptômes de la maladie. Ils sont différents pour la somnolence et pour la cataplexie. La stratégie thérapeutique est adaptée à chaque patient, ce qui nécessite des ajustements successifs.
Les médicaments actuellement utilisés dans la narcolepsie ont très peu d’effets secondaires. Leur efficacité se maintient au cours du temps et ils n’entraînent pas de dépendance.
Aucun de ces traitements n’apporte une guérison de la maladie. Ils permettent uniquement d’en contrôler les symptômes ; ceux-ci réapparaissent à l’arrêt du traitement.
La narcolepsie peut faire l’objet d’une déclaration d’affection de longue durée « hors liste ».

Information validée par le conseil scientifique de l’INSV avec l’aide du Pr Jean Krieger.

Quand faut-il consulter ?

Reconnaître un trouble du sommeil peut épargner des années d’inconfort voire de souffrance inutile et prévenir l’installation de conséquences graves pour la santé.

Les centres du sommeil

Quand doit-on consulter dans un centre de sommeil ?
C’est votre médecin traitant qui peut répondre à cette question, il vous adressera à un centre spécialisé si vous avez besoin d’examens complémentaires ou d’un traitement particulier.
 
Insomniaque ? En règle générale, votre médecin peut prendre en charge votre insomnie qu’elle soit transitoire ou chronique. Il choisira de vous adresser à un centre spécialisé si votre insomnie s’aggrave, ne réagit pas aux traitements ou à un retentissement sévère dans la journée.
Toutes les insomnies qui comportent une somnolence nette dans la journée devraient bénéficier d’une consultation spécialisée.
 
Envie de dormir ou mal réveillé dans la journée ? C’est ce que l’on appelle une somnolence diurne excessive. La somnolence diurne excessive nécessite presque toujours un avis spécialisé et une exploration par un enregistrement de sommeil. En effet, elle peut correspondre à des pathologies différentes, nécessitant des traitements spécifiques.
 
Quels examens fait-on dans une unité de sommeil ?
- une polysomnographie : il s’agit d’un enregistrement de votre sommeil au cours de la nuit ou d’une nuit et d’une journée. Elle peut se faire en hospitalisation sur une nuit, voire deux L’infirmier ou le technicien mettra en place la matériel dans l’après-midi ou la soirée. Il collera de petites électrodes après avoir nettoyé la peau du visage et du crâne ; celles-ci sont reliées à un dispositif d’amplification car elles recueillent l’activité électrique émise par le cerveau, or celle ci est de très faible amplitude. De même, le tonus musculaire est mesuré au niveau du menton et les mouvements des yeux sont enregistrés. D’autres capteurs seront installés sur d’autres parties du corps et fixées avec du sparadrap : la poitrine pour enregistrer l’activité cardiaque, la respiration ; au niveau des narines pour mesurer le flux d’air, des doigts ou du lobe de l’oreille pour l’oxygène, des jambes…rien n’est douloureux, il est possible de bouger au cours du sommeil. Cependant ces capteurs sont en règle fragiles et il ne faut en aucun cas tirer dessus pour les retirer sans l’aide de la personne qui surveille la nuit.
 
Si l’examen est effectué dans un centre vous êtes surveillés par un infirmier ou un technicien toute la nuit.
 
Certains examens peuvent être effectués en ambulatoire grâce a un matériel portable. Les capteurs sont installés au centre, plus rarement au domicile du patient et celui ci dormira donc chez lui après avoir branché l’appareil et l’avoir mis en route.
 
- des tests itératifs d’endormissement (TILE). Cet examen s’effectue dans la journée. Il consiste à effectuer 4 à 6 siestes, séparées par un intervalle de 2h, au cours desquelles le patient est allongé dans une pièce sombre et calme et doit de laisser aller au sommeil. Le réveil est effectué par le technicien qui surveille l’enregistrement après vingt minutes de sommeil au plus. Cet examen permet de faire le diagnostic de certaines maladies comme la narcolepsie et de quantifier la rapidité à s’endormir dans des conditions favorables.
 
- des tests de maintien de la veille (TME). Le test consiste également en des tests répétés toutes les deux heures, comme les tests itératifs d’endormissement mais les conditions sont différentes : le patient est en position semi-allongée dans une ambiance calme et peu éclairée et doit résister au sommeil pendant vingt minutes. Ce test permet de vérifier que le sujet dispose d’une vigilance entièrement normale et en particulier de contrôler l’efficacité d’un traitement sur la somnolence diurne.
 
D’autres examens de la vigilance peuvent être effectués selon les besoins et les habitudes de chaque centre.
 
Que dois-je faire avant un examen ?
Le centre de sommeil vous enverra ses recommandations : effectuer un shampoing avant l’examen (moins la peau est grasse, meilleur est l’enregistrement), prévoir un vêtement de nuit qui ne se passe pas par la tête, un foulard ou autre si vous souhaitez dissimuler les électrodes lors d’un enregistrement ambulatoire.
 
Pensez à signaler toute prise de médicament lors des quinze derniers jours ou tout changement de traitement. En particulier, il est essentiel de signaler la prise de somnifères ou médicaments contre l’angoisse, la dépression. En effet, ils modifient le sommeil et peuvent gêner l’interprétation de l’examen.
 
Si vous êtes allergique (éther, acétone, collodion, sparadrap…), signalez le au technicien.
 
Un centre près de chez vous

Liste des centres du sommeil

Trouble de la vigilance : une menace ignorée

Comment définir la vigilance ?

Un peu de vocabulaire :
 
La vigilance est l’état de réactivité à l’environnement dans lequel on se trouve quand on est éveillé. La vigilance varie selon le moment de la journée mais aussi selon la stimulation et la motivation personnelle. Par exemple, au cours d’une tâche routinière réalisée en début d’après-midi, le risque de baisse de la vigilance est important.
 
La veille est l’état de non-sommeil, observé dans la journée mais aussi la nuit quand le sommeil est perturbé.
 
Le réveil est la transition du sommeil à la veille.
 
La somnolence est ce que l’on ressent lorsqu’on a besoin de dormir. Elle peut se manifester de façon normale le soir au coucher, après le déjeuner ou à d’autres moments quand il existe un déficit de sommeil (après une nuit blanche). En dehors de ces circonstances, la somnolence dans la journée est anormale et doit conduire à consulter.
 
L’hypersomnie ou somnolence diurne excessive est un état pathologique, elle témoigne souvent d’une maladie.
 
Elle peut se manifester de diverses façons :
 
- un sommeil de nuit très profond, très long dont le sujet a du mal à sortir : un réveil difficile avec la tête lourde, l’impression d’être groggy, incapable de réfléchir voire désorienté. Parfois, le réveil spontané n’est pas possible avant 10 à 12 heures de sommeil.
- la sensation d’être la plupart du temps mal réveillé, d’avoir une envie de dormir permanente, d’avoir du mal à se concentrer, à fixer son attention.
- des endormissements involontaires. Ils surviennent plus facilement dans des circonstances calmes, monotones où le sujet est inoccupé ou passif. Ils peuvent aussi survenir dans des circonstances indésirables, par exemple au volant, en travaillant ou en classe. Certains endormissements sont incontrôlables, le sujet ne peut pas résister. D’autres peuvent être évités par le mouvement, la marche, le fait de prendre la parole, à condition d’être  » anticipés « . Souvent, l’endormissement involontaire ne prévient pas et survient à l’insu du sujet qui ne peut donc pas le contrôler. Certains endormissements passent donc inaperçus.
- un besoin de s’allonger pour dormir dans la journée, trop fréquent ou sans bénéfice. Il n’est pas anormal de faire la sieste ou d’en avoir envie, surtout si le lever est précoce. En revanche si la sieste n’apporte pas de soulagement ou si elle se renouvelle plusieurs fois dans la journée, elle peut correspondre à une hypersomnie.
- des accès de sommeil durant quelques jours.
 
Le sommeil est-il de la même nature que le coma ?
Le coma et le sommeil ont en commun une perte de conscience. Dans les états de coma léger, les fonctions vitales spontanées comme la respiration sont maintenues mais la disparition de conscience n’est pas réversible quand on stimule le patient même si son cerveau réagit à l’appel de son nom, par exemple. Le coma est, d’autre part, un état assez stable alors que le sommeil varie beaucoup au cours de la nuit et peut changer en quantité et qualité d’une nuit à l’autre.

Comment la mesurer ?

On peut évaluer ce que ressent le sujet : c’est la vigilance subjective.
Le sujet indique à l’aide d’échelles ce qui décrit le mieux son état du moment (échelles de somnolence de Stanford) ou sur une période donnée (l’échelle d’Epworth qui est une auto-évaluation de la facilité à s’endormir).

Il est possible de mesurer la rapidité à s’endormir : c’est la somnolence objective.
Au cours de plusieurs siestes, le délai d’endormissement du sujet est mesuré : ce sont les tests itératifs d’endormissement (voir chapitre : qu’est ce qu’une unité de sommeil).
 
La capacité à maintenir l’éveil peut être également appréciée : c’est la vigilance objective.
Le sujet effectue des tests au cours desquels sont mesurés le maintien de l’éveil et le délai d’endormissement : ce sont les tests de maintien de la veille (voir chapitre : qu’est ce qu’une unité de sommeil).
 
Enfin, il est possible d’apprécier les conséquences sur certaines activités : c’est la performance liée en particulier à la vigilance.
De nombreuses activités intellectuelles ou motrices sont modifiées par une baisse de la vigilance. Ces tests sont très sensibles et « parlent » alors même que le sujet ne perçoit aucun changement. Ils permettent de mesurer le résultat et la rapidité de réponse. On évalue ainsi la capacité à percevoir un signal et à y répondre, à mémoriser, à calculer, à conduire…

Quelles sont les conséquences d’une mauvaise vigilance ?

Quelles sont les conséquences d'une mauvaise vigilance ?Un trouble de la vigilance affecte de nombreux aspects de la vie : la vie professionnelle et la réussite scolaire peuvent être profondément perturbées, et donc la réussite sociale. La vie sociale et familiale peuvent souffrir d’un repli sur lui-même du sujet qui est handicapé par son trouble également pour les activités de loisir et, parfois, peut avoir honte de son trouble. Enfin, et surtout, il fait courir un risque vital au volant ou au travail pour le sujet et pour autrui. La somnolence diurne excessive est donc une maladie qui peut être mortelle…

Une menace ignorée
La somnolence diurne excessive est un symptôme fréquent qui concerne de 8% de la population. Ses manifestations passent trop souvent inaperçues. Parfois le sujet ne s’en rend pas compte, il faut donc accorder une grande attention lorsque l’entourage signale de façon répétée des endormissements. Trop souvent également, le fait de dormir dans la journée est considéré comme un signe de bonne santé à l’inverse de l’insomnie. Il n’en est rien, toute somnolence excessive doit conduire à une consultation spécialisée.

La somnolence diurne excessive est-elle toujours le signe d’une maladie ?
La somnolence diurne excessive est toujours anormale mais elle ne traduit pas toujours une maladie. Le manque chronique de sommeil peut provoquer une somnolence. Le temps consacré au sommeil est souvent insuffisant chez les étudiants, les jeunes parents, les drogués du travail…sans que les personnes concernées en soient suffisamment conscientes. Certains médicaments contre la dépression, l’anxiété, les hallucinations, l’allergie peuvent provoquer une somnolence dans la journée.

Avant de consulter pour somnolence diurne excessive, profitez d’une période de vacances de plus d’une semaine pour vous autoriser à dormir autant que vous le souhaitez et vérifiez que votre somnolence ne disparaît pas.Vérifiez que dans les traitements que vous prenez habituellement, la notice n’indique pas un risque de somnolence. Si c’est le cas, parlez-en à votre médecin traitant.

Traitements médicaux et somnolences
Ils signalent sur le conditionnement de certains médicaments les effets du traitement sur la conduite.

Signalétique des effets sur la conduite

Le sommeil de l’enfant

Le bébé

De 6 mois à 1 anDe 6 mois à 1 an
Comment aider mon bébé à faire ses nuits ?
- L’endormissement
Pour qu’un bébé fasse ses nuits, il faut d’abord qu’il soit capable de s’endormir seul. Il faudra coucher votre bébé encore éveillé afin qu’il apprenne à trouver son sommeil tout seul. Il est important de renforcer les signaux de sommeil avec un rituel de coucher et des horaires de lever, de coucher, de repas et de siestes réguliers.
 
- Dans la nuit
Au moment des éveils nocturnes, il est important de laisser au bébé le temps de retrouver son sommeil. Ces éveils sont normaux : le bébé reste éveillé plusieurs minutes et se rendort souvent sans intervention des parents. Pendant cette période d’éveil, les bébés jouent, gazouillent et parfois pleurent. Si les parents interviennent au premier signe d’éveil, le bébé n’a pas le temps de se rendormir seul.
 
- Alimentation pendant la nuit
En principe, à partir de 6 mois, le bébé n’a plus besoin de tétées pendant la nuit. S’il est encore alimenté pendant la nuit, il faudra essayer de supprimer les tétées, soit totalement, soit en diminuant progressivement la quantité de lait des biberons.
Conseil aux parents : Ne pas associer le biberon du soir à l’endormissement, il devra être pris en dehors de la chambre, en dehors du lit. Il faudra, enfin, diminuer progressivement sur 10 à 15 jours la quantité et la qualité de chaque biberon nocturne.

De 1 à 3 ans

Que faire pour aider mon enfant à garder un bon sommeil ?

À faire :
- Gardez un rituel de coucher et privilégiez ce moment particulier avec votre enfant.
- Utilisez le même rituel de coucher en vacances, le week-end et en semaine.
- Observez votre enfant et essayez de trouver l’heure de coucher qui lui convient.
- Gardez des horaires réguliers de coucher, de lever, de siestes et d’activités.
- Trouvez des activités stimulantes pendant la journée. (Surtout de l’exercice physique en plein air).
- Diminuez l’intensité de la lumière le soir et ouvrez grand les volets le matin :
- L’alternance lumière/obscurité est importante pour synchroniser l’horloge biologique sur le rythme jour/nuit.

À éviter :
- Pas de biberon pour aider votre enfant à s’endormir.
- Le lit de l’enfant doit être réservé au sommeil – ne pas remplir son berceau de jouets.
- Aller au lit ne doit pas être une punition.
- Évitez les boissons contenant de la caféine (soda type cola).
- Limitez le temps de télévision, surtout le soir.
- Pas de télévision dans la chambre de votre enfant.

Quelles sont les difficultés de sommeil de l’enfant de 1 à 3 ans ?
Deux cas de figure sont fréquents chez les enfants entre 1 et 3 ans – les enfants qui n’ont pas envie de s’endormir et les enfants qui réveillent leurs parents plusieurs fois par nuit. Les terreurs nocturnes et les cauchemars sont aussi fréquents. Chez les enfants de 3 – 4 ans, 22 à 29 % des enfants ont des problèmes de sommeil, 15 % ont des difficultés d’endormissement et 23 % se réveillent régulièrement.
Dans la plupart des cas, ces troubles sont dus au fait que l’enfant a oublié – ou n’a jamais appris – comment s’endormir seul. Dans des cas plus rares, les troubles du sommeil sont en relation avec des maladies comme un reflux gastro-oesophagien par exemple, ou de l’anxiété mais celle-ci est alors également présente dans la journée.

Mon enfant refuse de s’endormir – que faire ?

Ces comportements reflètent parfois un trouble de la séparation, parfois une opposition pure, souvent une insuffisance de limites. Ils aboutissent presque toujours à un retard du coucher. L’enfant ne sait pas s’endormir seul et associe la présence de ses parents à l’endormissement.
Dans certaines familles, ce comportement est accepté et le trouble disparaît aux alentours de 5 ans. Le seul traitement efficace est une thérapie comportementale qui a pour but d’apprendre à l’enfant à trouver son sommeil tout seul.

Une thérapie comportementale comporte trois phases :
 
Phase de préparation – Dans la journée, instaurer une promenade 2 fois par jour pour fatiguer l’enfant et surtout l’exposer à la lumière du jour. On y associe des horaires de siestes et de repas très réguliers, en évitant toute sieste après 17 heures – Le soir, on propose un renforcement des rituels de coucher.
 
Phase de thérapie – Il est important que les parents expliquent à leur enfant ce qu’ils sont en train de faire (les parents ont besoin de sommeil, il faut qu’il apprenne à s’endormir seul).
Ensuite, l’enfant est couché à son heure de coucher habituelle. Puis les parents vont modifier leur réponse en réagissant de moins en moins et en privilégiant une réponse verbale (voir tableau). Cette phase dure habituellement 3 nuits.
 
Phase de consolidation – Elle dure 2 semaines pendant lesquelles une réactivation des difficultés de sommeil est fréquente. Il faut donc que les parents soient moins à l’écoute qu’habituellement et réagissent sur le même principe : ne pas répondre immédiatement aux pleurs de l’enfant, vérifier si nécessaire que tout va bien, puis n’intervenir que verbalement.

En pratique pour la phase de thérapie vous devez respecter les séquences suivantes qui permettront à votre enfant de s’ajuster à la nouvelle situation de coucher :
- Couchez l’enfant dans sa chambre et dans son lit exclusivement
- Favorisez l’utilisation d’un doudou
- Retirez votre main
- Interrompez le bercement
- Lisez ou racontez une histoire, assis sur une chaise à côté du lit de l’enfant
- Quittez impérativement la chambre
- Si l’enfant appelle, allez le voir brièvement (10 à 15 secondes) en respectant les attentes suivantes. Une séquence comporte 5 visites.

Séquence 1er soir 2ème soir 3ème soir 4ème soir
1ère attente 1 mn 2 mn 3 mn 5 mn
2ème attente 2 mn 5 mn 7 mn 10 mn
3ème attente 5 mn 5 mn 7 mn 10 mn
4ème attente 5 mn 7 mn 10 mn 15 mn
5ème attente 7 mn 7 mn 10 mn 15 mn

Soirs suivants : Poursuivez sur la même séquence ou passez à la séquence suivante en fonction de la réponse de l’enfant.
Maintenez la même séquence un à plusieurs soirs de suite si nécessaire.
Laissez se calmer l’enfant sans le prendre dans les bras.
Si l’enfant n’est pas calmé après une séquence, utilisez une pièce neutre (salon, salle à manger) pour qu’il s’apaise en restant à côté de lui, sans le bercer ni le prendre dans les bras.
Une fois l’enfant apaisé, mettez-le au lit et débutez une nouvelle séquence.
Ne prenez plus l’enfant dans votre chambre, ni dans votre lit !
 
Individualisez sommeil et repas.
Dès que possible, apprenez à l’enfant que sommeil et repas sont deux comportements distincts.
Ne laissez pas l’enfant s’endormir systématiquement avec un biberon.
Donnez le biberon du matin à l’emplacement des repas (cuisine, salle à manger) et non dans le lit.
Évitez la télévision lors de l’endormissement ou les repas.

Une autre technique : le fading

Une autre technique, le « fading » des anglo-saxons, peut être utile chez les enfants qui sortent plusieurs fois de leur lit pour retrouver leurs parents.
Il faut dans un premier temps, reculer un peu l’heure du coucher, en couchant l’enfant à l’heure où il est le plus souvent endormi, ce qui favorisera l’endormissement.
Ensuite, la thérapie suit les mêmes étapes que celles qui sont utilisées chez les enfants ayant des troubles de l’endormissement (voir tableau thérapie comportementale). Les parents attendent que leur enfant s’endorme sans difficulté. Dès que le sommeil est stabilisé, l’heure du coucher est avancée très progressivement de 5 minutes en 5 minutes à une heure de coucher qui correspond plus à son âge et ses besoins de sommeil.
 
Mon enfant se réveille plusieurs fois par nuit – que faire ?
Pour la plupart de ces enfants, c’est l’incapacité à trouver le sommeil sans l’aide des parents qui joue un rôle majeur.
Pour quelques familles, le fait de dormir avec leur enfant est une solution. Cette pratique est présente chez 16 % des enfants, mais devient plus rare après l’âge de 6 ans. Appelée « co-sleeping » par les Anglo-saxons, cette pratique est fréquente dans certaines cultures. Les sociétés savantes de pédiatres déconseillent le co-sleeping, en particulier dans certaines conditions (parents seuls, difficultés conjugales…), mais aussi en raison d’un sommeil de moins bonne qualité à la fois pour l’enfant et les parents (Cf. sommeil et environnement – DVD).
Pour qu’un enfant retrouve son sommeil seul dans la nuit, une thérapie comportementale est la solution la plus rapide et la plus efficace. La thérapie suit les mêmes étapes que celles qui sont utilisées chez les enfants ayant des troubles de l’endormissement, seulement les parents laissent pleurer leur enfant pendant les réveils nocturnes.

L’enfant

Chaque enfant a son propre rythme de sommeil et ses besoins. Les parents qui ont plusieurs enfants ont pu le remarquer : l’un peut être couche-tôt, tandis que l’autre est un couche-tard. Certains ont besoin de beaucoup de sommeil, d’autres moins !
L'enfant
Le rythme de votre enfant : Quand faut-il le coucher ?
Il se frotte les yeux, est grognon, dort debout.
Ou au contraire irascible, énervé, coléreux : en réalité il lutte contre la fatigue.
S’il est très en forme le soir, sociable et de bonne humeur, ne lui imposez pas de dormir trop tôt, mais demandez-lui d’aller dans sa chambre et d’avoir une activité calme.
Repérez ses horaires et respectez-les dans la mesure du possible.
Observez son comportement : un enfant qui manque de sommeil est le plus souvent coléreux et irritable dans la journée.
 
Les rituels du sommeil sont importants
Ce sont toutes les habitudes qui sont reproduites chaque soir au moment du coucher, dans une séquence et un ordre immuable. Les rituels ont pour fonction de rassurer l’enfant à ce moment particulier du passage de l’éveil au sommeil.
Pour un enfant, le moment de dormir implique une séparation avec ses parents et l’entrée dans un monde inconnu. C’est un moment angoissant. La petite histoire, le câlin, la chanson ou la boîte à musique, mais aussi des objets rassurants, comme des peluches ou doudous préférés, sont les étapes nécessaires pour préparer l’enfant au sommeil. Ce moment doit être calme et rassurant. Ces rituels évoluent avec l’âge. Plus l’enfant est âgé, moins la présence d’un parent est nécessaire. La petite histoire cède la place à la lecture, le mobile musical au lecteur numérique. Mais attention, les appareils électroniques peuvent déclencher au contraire des processus d’éveil.

Rituels du coucher
Le déroulement de la nuit

Télé et ordinateur : les faux amis du sommeil

La télévision, l’ordinateur, les jeux vidéo sur console ou sur ordinateur, l’utilisation d’Internet et du téléphone mobile sont associés à des éveils et à un sommeil de médiocre qualité.
Les enfants qui regardent la télévision 2 heures par jour la semaine et le week-end ont un coucher plus tardif, une durée de sommeil diminuée et un lever plus tardif le week-end. Plus l’utilisation est importante plus le retentissement est grand.
Les enfants qui regardent la télévision plus de trois heures par jour pendant l’adolescence ont un risque plus élevé d’avoir des troubles du sommeil à l’âge adulte.
 
Comment ces médias influencent-ils le sommeil ?
Ce type d’activité n’est pas structuré dans le temps. Sans début et sans fin clairement défini, le jeune n’est pas à l’écoute de son sommeil et laisse passer tous les signaux qui devraient le conduire à se coucher.
Ces activités prennent beaucoup de temps et favorisent la sédentarité, elle-même connue pour déstructurer le sommeil.
L’exposition à la lumière d’écran, juste avant le sommeil affecte le rythme veille/sommeil en modifiant la sécrétion de mélatonine (régulateur des rythmes de sommeil, il facilite l’endormissement). La lumière agit également en augmentant le niveau d’activité et d’éveil et donc retarde l’endormissement.
Enfin, le contenu des programmes de télévision ou de certains jeux excessivement violents, donc stimulants, peut entraîner des tensions et augmenter l’anxiété qui génère à son tour des difficultés d’endormissement.

L’adolescent

L'adolescentEntre 14 et 18 ans, un adolescent est de plus en plus autonome. Paradoxalement, il cherche à se libérer de l’environnement familial tout en restant dépendant. L’influence de ses amis est de plus en plus forte. Les habitudes des groupes d’amis font aussi évoluer son comportement.
 
L’influence du cadre de vie
Avoir une chambre à soi est idéal, mais il arrive de devoir la partager avec un frère ou une sœur dont le rythme de vie est parfois différent, ce qui pose évidemment problème. La maison et les bruits environnants ont également une influence : le sommeil n’est plus réparateur parce que les réveils sont fréquents. Une musique trop forte ou trop de bruit dans d’autres pièces de la maison sont autant de facteurs qui retardent l’heure du sommeil.
Si la température de la chambre est trop élevée, elle perturbe la qualité du sommeil. Des activités sportives ou des jeux trop tardifs le soir stimulent et excitent. Ils élèvent la température du corps, ce qui retarde l’heure d’endormissement.
 
Les activités du soir
De nombreuses études ont été menées sur l’impact négatif de la télévision lorsqu’elle est regardée trop tard le soir. Avec une exposition d’au moins 3 heures par jour vers 14 ou 16 ans, il y a un risque d’apparition de troubles du sommeil dans les années qui suivent. Par conséquent, le temps de sommeil diminue et les résultats scolaires aussi. Si le temps passé devant la télévision diminue pour atteindre une heure ou moins, le risque de troubles du sommeil se réduit.
Une autre enquête, réalisée sur 2 546 garçons et filles de 13 à 16 ans, montre que les jeunes qui ont une télévision dans leur chambre (50 % des jeunes aux USA), vont se coucher plus tard le week-end et les jours d’école. L’enquête précise aussi que plus le temps passé devant la télévision est élevé, plus le niveau scolaire est faible.
Les adolescents équipés d’une télévision dans leur chambre courent donc un risque plus élevé de troubles du sommeil, de surpoids ou d’obésité. Enfin, il arrive qu’ils se comportent de façon agressive dans la journée.
Les mêmes effets sont constatés avec les jeux vidéo ou devant un ordinateur. Ce type d’activités n’est pas structuré, sans début et sans fin clairement définis, elles prennent beaucoup de temps, favorisent la sédentarité, elle-même connue pour déstructurer le sommeil. Par ailleurs, l’exposition à la lumière de l’écran juste avant le sommeil affecte le rythme veille/sommeil en supprimant la sécrétion de mélatonine.
Enfin, la lumière augmente le niveau d’activité et d’éveil, retarde l’endormissement et donc diminue le temps passé au lit. De sérieuses dettes de sommeil apparaissent alors. Il en va de même avec l’utilisation excessive des téléphones portables.
 
Les sorties
Sortir incite à se coucher tard, à dormir moins longtemps et moins bien. Les cigarettes, l’alcool ou le cannabis contribuent à déstructurer le sommeil et amplifient ce phénomène.

Cannabis, alcool, tabac et sommeil

Les effets du cannabis sur le sommeil
Le cannabis a des effets complexes sur le sommeil. C’est une drogue psychotrope, c’est-à-dire qu’il agit sur le cerveau. Il donne le sentiment de s’endormir plus facilement car il a des effets anxiolytiques lorsqu’il est pris occasionnellement, mais qui s’estompent lors d’une prise régulière. Il modifie les rythmes du sommeil en agissant sur la sécrétion de la mélatonine contribuant à entretenir un rythme de sommeil irrégulier, voire décalé. Il diminue le sommeil paradoxal (le sommeil où se construit essentiellement le rêve) et augmente le sommeil profond (ce qui donne le sentiment de mieux dormir). Il entraîne une altération des fonctions intellectuelles le lendemain, proportionnellement à la quantité fumée.
 
Les effets de l’alcool sur le sommeil
À faible dose, l’alcool favorise la somnolence et l’endormissement. Il accentue les effets de la privation de sommeil sur la vigilance et rend les risques d’accidents plus élevés. L’alcool consommé à plus forte dose aide à s’endormir très rapidement mais la deuxième partie de la nuit est très fractionnée par de nombreux réveils. Le sommeil paradoxal est augmenté. Le lendemain, les performances intellectuelles diminuent en fonction de la quantité d’alcool ingérée.
 
Les effets du tabac sur le sommeil
La consommation régulière de tabac entraîne des difficultés d’endormissement et une somnolence matinale. Lors d’un sevrage, en dehors des troubles du caractère et de l’anxiété, il y a fragmentation du sommeil et une somnolence dans la journée.

L’influence du cadre familial

Les habitudes de sommeil des parents ont une réelle influence sur le reste de la famille : plus les parents sont insomniaques et consomment des médicaments contre le stress ou pour dormir, plus le risque d’être insomniaque ou de consommer de tels médicaments est grand pour les enfants.
L’atmosphère et les rapports entre les membres de la famille sont essentiels : les parents ont souvent du mal à établir une relation d’écoute et de dialogue avec les ados. Il peut donc être difficile de trouver de l’aide auprès d’eux en cas de problème. Chacun se renferme souvent dans le silence, ce qui n’est pas le mieux à faire pour dialoguer ! De plus, les parents « exigent » des résultats à l’école, mais cette exigence peut être trop forte et provoquer stress et angoisse.
Pourtant, les relations familiales sont essentielles pour se forger sa propre personnalité. Même s’il y a opposition ou désaccord avec la famille, elle structure l’identité et la façon d’être. C’est un moment qui permet d’apprendre à gérer les relations interpersonnelles, à faire des plans sur l’avenir, etc. Il peut alors être plus facile de parler avec d’autres personnes que les parents : un oncle, une tante, un grand-parent, ou les parents d’un(e) ami(e) peuvent écouter et aider.

SPÉCIAL PARENTS !
Les parents doivent éviter les attitudes qui isolent leurs enfants et ne pas rendre la situation encore plus dure à vivre.
 
Rien ne sert de :
- Culpabiliser ou harceler l’adolescent (souvent parce que les parents sont eux-mêmes angoissés) en disant : « Tu n’es même pas capable de te lever. »
- Faire la morale en disant : « Tu trouves ça bien ? » ou « Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. »
- Tenir un discours décourageant et alarmiste : « Tu n’arriveras jamais à bosser. »
 
Il est préférable de :
- Parler du problème, en dehors des moments où il se pose pour chercher et trouver des solutions ensemble.
- Demander à l’adolescent comment il pense pouvoir être aidé.
- Se demander si les parents ne sont pas un peu en cause dans ces problèmes de rythme du sommeil :
    Activités professionnelles qui prennent trop de temps ;
    Dîner trop tardif ;
    Mauvaise organisation de la maison ;
    Horaires des repas qui changent tous les jours ou pas d’horaire du tout ;
    Téléviseurs ou ordinateurs dans toutes les pièces.

Il convient de chercher en famille des solutions que tout le monde peut accepter. Par exemple :
Quelle est l’heure commune à partir de laquelle nous pouvons tous arrêter de téléphoner, de chatter sur Internet, etc. ?
Faut-il consulter un médecin ?
Oui, s’il y a une demande. Cela montre une prise de conscience et un appel à chercher des solutions.
Il convient de ne pas banaliser les problèmes (« C’est l’âge, ça passera »).
S’il n’est pas demandeur ou refuse toute aide, il est souhaitable de faire alors très attention aux signes d’un mal-être profond voire d’une dépression. La consultation d’un spécialiste peut être nécessaire, même en cas de refus, pour tenter de trouver des solutions.
 
Mieux connaître le sommeil à chacun des âges, savoir comment réagir face à un mauvais sommeil occasionnel ou à un problème plus grave… Pour répondre aux questions que vous vous posez, le Réseau Morphée, en partenariat avec l’Académie de Paris et l’UNAF, a édité un DVD sur le sommeil de l’enfant et de l’adolescent disponible sur Internet à www.dvdsommeil.fr

Quels examens fait-on dans un centre du sommeil ?

Une polysomnographie

Il s’agit d’un enregistrement de votre sommeil au cours de la nuit. Elle peut se faire en hospitalisation sur une nuit. L’infirmier ou le technicien mettra en place le matériel dans la soirée. Il vous installera de petites électrodes sur le visage et le crâne qui recueillent l’activité électrique émise par le cerveau. De même, le tonus musculaire est mesuré au niveau du menton et les mouvements des yeux sont enregistrés. D’autres capteurs seront installés sur d’autres parties du corps : la poitrine pour enregistrer l’activité cardiaque, la respiration ; au niveau des narines pour mesurer le flux d’air, d’un doigt pour l’oxygène, des jambes… Rien n’est douloureux et il est possible de bouger au cours du sommeil. Si l’examen est effectué dans un centre du sommeil, vous êtes surveillés par un infirmier ou un technicien toute la nuit et le plus souvent filmé.
 
Certains examens (comme la polygraphie ventilatoire par exemple) peuvent être effectués en ambulatoire grâce a un matériel portable. Les capteurs sont installés au centre, plus rarement à votre domicile et vous dormirez donc chez vous après avoir branché l’appareil et l’avoir mis en route.
 

Tests itératifs d’endormissement

Cet examen s’effectue dans la journée. Il consiste à effectuer 4 à 5 siestes, séparées par un intervalle de 2h, au cours desquelles le patient est allongé dans une pièce sombre et calme et doit se laisser aller au sommeil. Le réveil est effectué par le technicien après vingt minutes d’enregistrement au plus. Cet examen permet de faire le diagnostic de certaines maladies comme la narcolepsie et de quantifier la rapidité à s’endormir dans des conditions favorables.
 

Tests de maintien de la veille

Le test consiste également en des tests répétés toutes les deux heures, comme les tests itératifs d’endormissement mais les conditions sont différentes : le patient est en position semi-allongée dans une ambiance calme et peu éclairée et doit résister au sommeil pendant vingt minutes. Ce test permet de vérifier que le sujet dispose d’une vigilance entièrement normale et en particulier de contrôler l’efficacité d’un traitement sur la somnolence diurne.

 

Que dois-je faire avant un examen ?

Le centre de sommeil vous enverra ses recommandations : effectuer un shampoing avant l’examen (moins la peau est grasse, meilleur est l’enregistrement), prévoir un vêtement de nuit qui ne se passe pas par la tête, un foulard ou autre si vous souhaitez dissimuler les électrodes lors d’un enregistrement ambulatoire.
 
Pensez à signaler toute prise de médicament lors des quinze derniers jours ou tout changement de traitement. En particulier, il est essentiel de signaler la prise de somnifères ou médicaments contre l’angoisse, la dépression. En effet, ils modifient le sommeil et peuvent gêner l’interprétation de l’examen.
 
N’oubliez pas de signaler toute allergie au technicien.

Les centres du sommeil

Quand doit-on consulter dans un centre de sommeil ?
C’est votre médecin traitant qui peut répondre à cette question, il vous adressera à un centre spécialisé si vous avez besoin d’examens complémentaires ou d’un traitement particulier.
 
Un centre près de chez vous

 
Liste des centres du sommeil